Ecouen :
inondation de 1947
Sarcelles Village (1992) : l'avenue
Pierre Brossolette
Sarcelles Village (1992) : l'avenue
Pierre Brossolette
La place du Marché à Sarcelles Village (1992)
La place du Marché à Sarcelles Village (1992)
jardins potagers
inondés par le
débordement de la
Morée à Garges
(2001)



 
Missions du SIAH
Lutte contre les inondations
historique
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   la télégestion
Historique
La vallée du Petit Rosne a été très souvent le lieu d'inondations plus ou moins importantes, le caractère répétitif de ces catastrophes faisant la particularité de cette vallée. Les événements les plus marquants sont les inondations du 4 juillet 1926, des 17, 18 et 19 juillet 1972 et des 31 mai et 1er juin 1992.
Les documents rassemblés relatent un très grand nombre d'inondations s'étendant sur tout le 20ème siècle mais également sur les siècles précédents. Cette liste, déjà longue n'est pourtant pas exhaustive. En effet, s'il est facile de trouver des documents sur les événements exceptionnels, ce travail de recherche devient très compliqué en ce qui concerne les inondations de moindre importance, du fait de la petite taille de la zone géographique étudiée. De même, plus on remonte dans le temps, plus les témoignages sont rares et imprécis.
Pour chaque inondation relatée, on précisera brièvement, lorsque cela est possible, le phénomène météorologique à l'origine de la catastrophe et les dégâts occasionnés.

   
Les témoignages les plus anciens
Le XXème siècle
  Juillet 1906
  Le 3 juillet 1926, l'orage du siècle ?
  La semaine du 11 au 17 juin 1930
  Le 31 janvier 1940
  Le 5 mars 1947
  Le 9 avril 1961
  Les 17, 18 et 19 juillet 1972
  Les 3, 2 et 8 juillet 1974
  Août 1983
  Le 25 Août 1987
  Les 31 Mai et 1 Juin 1992
   
Les témoignages les plus anciens
Les témoignages relatant des inondations importantes avant le 20ème siècle sont rares. On retrouve cependant dans divers ouvrages ou articles de journaux, des références à des catastrophes ayant affecté la zone étudiée.
Ceci s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord, l'urbanisation de la vallée du Petit Rosne était bien moins importante qu'aujourd'hui. Les conséquences matérielles des inondations étaient donc faibles. De plus, le débordement du Petit Rosne était un phénomène fréquent, presque habituel, et qui ne faisait pas l'objet de témoignages particuliers.
Au 17ème siècle déjà, les vallées du Croult et du Petit Rosne connaissent plusieurs inondations. En 1667, les moulins doivent arrêter leur activité à cause de l'une d'entre elles. Les journaux de la fin du 19ème siècle font également référence à deux années particulièrement catastrophiques, 1816 et 1844.
Ceci fait la preuve de l'ancienneté du problème, qui n'est pas uniquement le résultat des modifications apportées par le 20ème siècle.
 
Le XXème siècle
Les différentes inondations seront abordées dans l'ordre chronologique.
Juillet 1906
Les archives départementales du Val d'Oise ne possèdent pas les journaux parus lors de cette année 1906. Cependant, on note plusieurs références à cette inondation, dans différents articles parus lors de catastrophes ultérieures. Les hauteurs des précipitations ainsi que le bilan des dégâts occasionnés nous sont aujourd'hui inconnus.
Le 3 juillet 1926, l'orage du siècle ?
Les témoignages de cet événement sont, cette fois ci, variés et nombreux. En effet, le caractère très exceptionnel des orages à l'origine de la catastrophe, a été souligné dans de nombreux journaux. Les hauteurs de précipitation tombées en quelques heures atteindraient des niveaux records. Cependant, nous nous devons de rester prudents face aux chiffres annoncés qui n'ont pas pu être certifiés par Météo France.
La pluie se serait abattue sur la vallée du Petit Rosne le 3 juillet entre 18 heures et minuit. Elle était accompagnée d'éclairs et la foudre a provoqué plusieurs incendies. Les seules hauteurs d'eaux relevées et significatives de l'événement sont 62 mm à Montmorency et surtout un extraordinaire 145 mm en 3 heures à Montreuil sous Bois, à l'Est de Paris.
Une grande partie des récoltes du Pays de France a été détruite et de nombreuses têtes de bétail ont été noyées. Les descriptions de l'orage et des scènes de sauvetages ont des allures apocalyptiques.
La semaine du 11 au 17 juin 1930
Une série d'orages violents s'est abattue sur l'Ile de France durant toute cette semaine. Comme pour 1926, les chiffres sont rares et bien sûr, impossibles à identifier. En fait, l'Est du Val d'Oise a subi, tous les jours, du 11 au 17 juin 1930, des orages exceptionnellement violents.
Le16 juin, la commune de Luzarches a été traversée par une coulée de boue provoquant des dégâts considérables. La foudre est tombée à plusieurs reprises et de nombreux incendies se sont déclarés notamment à Montmorency. Cependant, la vallée du Petit Rosne n'a pas connu cette fois-ci les scènes catastrophiques de 1926.
Le 31 janvier 1940
Cette inondation, qui s'est déroulée lors de la seconde guerre mondiale, n'a pas fait l'objet d'articles dans les journaux consultés aux archives départementales. Nous ne possédons qu'une photo tirée d'un rapport du S.I.A.H., montrant la place du 11 Novembre à Sarcelles, sous plusieurs centimètres d'eau. Il nous est donc impossible dans l'état actuel des recherches de préciser davantage les causes ou les conséquences de cette inondation.
Le 5 mars 1947
Cette inondation fait l'objet de nombreuses photos du SIAH, concernant les communes de Sarcelles, d'Ecouen et Ezanville, et notamment dans le quartier du Bois Bleu. Ces photos sont les seules traces qu'il nous a été possible de retrouver de cet événement.
Ecouen : inondation de 1947
 
Le 9 avril 1961
Des orages faisant suite à une période de temps chaud ont éclaté. Ils ont affecté l'Est du Val d'Oise dans son ensemble, créant des dégâts sur les communes de Montmorency et Enghein les Bains.
Les hauteurs de précipitations relevées ne sont pourtant pas exceptionnelles. En effet, on a mesuré 32 mm à Jagny sous Bois, 25 mm à Sarcelles et seulement 5 mm à la station du Bourget.
Cependant la violence des orages, souvent accompagnés de chutes de grêle, a provoqué la naissance de coulées de boue dévastatrices. Le quartier du Bois Bleu fut complètement ravagé de même que la cité des Neuf Moulins à Ecouen.
Les 17, 18 et 19 juillet 1972
Cette inondation est l'une des plus catastrophique avec celle de 1926. Elle est le résultat de trois jours d'orages successifs qui ont provoqué des dégâts très importants dans tout l'Est du Val d'Oise.
Les hauteurs d'eaux précipitées sur la vallée du Petit Rosne varient selon les sources et aucun chiffre n'a pu être confirmé par Météo France. Cependant, on peut affirmer que le cumul mensuel du mois de Juillet 1972 dans l'Est du Val d'Oise varie entre 103 mm et 173 mm, ce qui est très supérieur aux normes saisonnières.
Les conséquences catastrophiques s'expliquent par la répétition de ces orages. Les premières pluies ont saturé les terrains superficiels sur lesquels les eaux se sont ensuite écoulées.
Les dégâts ont été particulièrement importants à Ecouen et Ezanville où la Cité d'Urgence a été entièrement dévastée par trois inondations consécutives. Une coulée de boue a également provoqué la mort d'un automobiliste à Attainville.
Les 3, 2 et 8 juillet 1974
Lors de ce mois de Juillet, des orages ont provoqués l'inondation de quelques caves mais, ni les précipitations, ni les conséquences ont été exceptionnelles. C'est le souvenir de 1972 et la crainte d'une nouvelle catastrophe qui a alerté les riverains du Petit Rosne.
Août 1983
Tout au long du mois d'Août 1983, le Val d'Oise a fait l'objet d'orages nombreux et violents. Cependant, alors que l'Est du Val d'Oise a subi des sinistres importants, la Vallée du Petit Rosne a été parfaitement protégée par l'ensemble des bassins de retenue.
Le 25 Août 1987
Le phénomène météorologique à l'origine de cet événement est très différent de ceux que l'on a pu décrire jusqu'ici. En effet, il ne s'agit pas d'un orage mais d'une pluie d'intensité moyenne devenue exceptionnelle par sa durée.
C'est dans la nuit du 24 au 25 Août que l'essentiel des précipitations est tombé. La pluie avait commencé le 24 vers 14 heures et elle n'a cessé que le lendemain à 10 heures. La station de Villaines sous Bois a relevé une intensité moyenne de 1,4 mm de pluie par minute, ce qui est tout à fait courant. Mais cette pluie continuelle de 20 heures a produit un cumul de précipitation de 102,8 mm ce qui correspond à une période de retour de 70 ans. A Ecouen, le cumul sur 24 heures était de 89 mm.
Les dégâts occasionnés ont été relativement faibles. Les bassins de retenue se sont remplis et ont légèrement débordé. Quelques écoulements d'eau se sont produits et des caves ont été noyées. Globalement, les ouvrages d'assainissement ont donc rempli leurs fonctions.
Les 31 Mai et 1 Juin 1992
C'est la dernière inondation catastrophique qu'ai connu la Vallée du Petit Rosne. En tout, trente communes ont été affectées par les orages et quatorze d'entre elles ont été gravement sinistrées. La zone concernée s'étend sur un axe Nord-Sud entre Viarmes-Chaumontel et Enghein les Bains-Garges les Gonesse.
La vallée du Petit Rosne, sur le secteur Ezanville, Ecouen, Sarcelles, a subi les dégâts les plus graves.
Cette inondation est le résultat d'une succession d'orages d'intensités croissantes. Les mois précédents avaient été marqués par une longue période de sécheresse au terme de laquelle des orages violents ont affecté le Sud du Val d'Oise. Le 28 Mai, la vallée du Petit Rosne fut victime d'un premier orage violent, d'une durée de retour estimée à 10 ans. La hauteur d'eau précipitée a été de 30 mm.
 
Sarcelles Village (1992) : l'avenue
Pierre Brossolette sous les eaux
 
C'est dans la nuit du 31 Mai au 1er Juin qu'a éclaté l'orage le plus exceptionnel. Les hauteurs d'eau relevées sur 24 heures atteignent 145 mm sur la zone étudiée, l'essentiel de ces précipitations étant tombé en 6 heures et 30 minutes. La période de retour de cet orage est supérieur à 100 ans.
Les sols, durcis par la longue période de sécheresse, ont été saturés en surface et rendus imperméables. La quantité d'eau exceptionnelle apportée par l'orage du 31 n'a pu s'infiltrer dans le sol et a ruisselé vers les zones urbaines. Les réseaux d'assainissement ont rapidement été saturés. Les bassins de retenue se sont remplis et ont débordé. Des coulées de boues provenant des terrains agricoles ont contribué au colmatage des réseaux. Tous ces facteurs ont donc amplifié les conséquences d'un événement météorologique déjà exceptionnel.
Exemple de dégats sur la chaussée
La place du Marché à Sarcelles Village (inondation de 1992)